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Plannings et droit du travail en restauration : ce que dit la convention HCR

Durée du travail, heures supplémentaires, coupures, repos, jours fériés, contrats et affichage des horaires : le cadre social de la restauration (convention HCR) expliqué.

Par L'équipe auditresto360 · 23 janvier 2026 · 18 min de lecture

Plannings et droit du travail en restauration : ce que dit la convention HCR

En restauration, le planning n'est pas un simple tableau d'horaires. C'est l'application concrète d'un cadre social précis : le Code du travail et la convention collective nationale des hôtels, cafés, restaurants, dite convention HCR (IDCC 1979). Ce texte fixe des règles propres au secteur sur la durée du travail (39 heures par semaine pour un temps complet, contre 35 dans le régime général), le décompte et la majoration des heures supplémentaires, les coupures, les repos quotidien et hebdomadaire, les jours fériés, les contrats spécifiques comme l'extra, ainsi que les avantages en nature nourriture. Un planning conforme respecte simultanément ces deux niveaux de règles, sous peine de redressement URSSAF, de litige prud'homal ou de sanction de l'inspection du travail.

Construire un planning en restauration, c'est arbitrer entre des contraintes de service (les coups de feu du midi et du soir, les week-ends, la saisonnalité) et un cadre légal qui protège le salarié et encadre l'employeur. Beaucoup d'établissements gèrent leurs plannings à l'instinct, sur un coin de cahier ou un tableur, sans toujours mesurer les obligations sous-jacentes : décompte du temps de travail, repos minimaux, affichage, contrepartie des coupures. Ce sont précisément ces points qui ressortent lors d'un contrôle ou d'un contentieux.

Cet article présente le cadre social de la restauration tel qu'il s'applique à la construction des plannings et à la gestion du personnel. Il renvoie systématiquement aux sources officielles à jour, car les montants (smic, smic hôtelier, plafonds, indemnités) évoluent régulièrement et ne doivent jamais être figés de mémoire. Il informe et ne remplace pas un conseil juridique personnalisé : pour une situation précise, consultez un avocat en droit social, votre service juridique de branche ou l'inspection du travail. Le sujet social fait partie de ce que nous examinons lors d'un audit 360°, aux côtés de l'hygiène, de la gestion et de la conformité. Il croise nos dossiers sur le fait de recruter et fidéliser le personnel et sur la manière de réduire le turnover.

La convention collective nationale des HCR (IDCC 1979)

De quoi parle-t-on

La convention collective nationale des hôtels, cafés, restaurants du 30 avril 1997 est le texte de référence du secteur. Son identifiant de convention collective est l'IDCC 1979, parfois cité sous le numéro de brochure 3292. Elle s'applique à la quasi-totalité des établissements de restauration traditionnelle, de débit de boissons et d'hôtellerie, dès lors que l'activité principale relève de ce champ. La restauration rapide relève d'une autre convention, distincte, qu'il ne faut pas confondre.

Une convention collective complète et adapte le Code du travail pour une branche professionnelle. Elle ne peut pas être moins favorable au salarié sur les points d'ordre public, mais elle introduit des règles propres au métier : durée conventionnelle du travail, grille de salaires minima par niveau et échelon, régime des coupures, jours fériés, prévoyance, indemnités nourriture. Quand le Code du travail et la convention divergent, on applique en principe la disposition la plus favorable au salarié, sauf cas où la loi laisse la primauté à l'accord de branche.

Le texte consolidé et à jour de la convention HCR est consultable gratuitement sur Légifrance, qui publie aussi les avenants successifs (salaires, prévoyance, etc.). C'est la seule source qui fait foi sur le contenu exact en vigueur. Toute version PDF qui circule par ailleurs peut être périmée.

Pourquoi c'est central pour les plannings

Le planning matérialise la durée du travail, les repos et les contrats. Or la convention HCR déroge au régime général sur plusieurs de ces points, à commencer par la durée de référence du temps plein. Un employeur qui raisonnerait uniquement sur la base des 35 heures du Code du travail, sans intégrer les spécificités HCR, construirait des plannings faux et calculerait mal les heures supplémentaires. À l'inverse, un planning bien pensé sécurise l'établissement et limite les conflits.

Durée du travail et heures supplémentaires

La durée conventionnelle : 39 heures

Dans les HCR, la durée du travail d'un salarié à temps plein est fixée par la convention à 39 heures par semaine, et non 35. Cette particularité est l'une des plus structurantes du secteur. Elle signifie qu'un contrat à temps plein porte couramment sur 169 heures mensuelles environ, et que les heures comprises entre la 36e et la 39e ne sont pas, en elles-mêmes, traitées comme des heures supplémentaires de droit commun : elles relèvent d'un régime conventionnel spécifique de majoration propre à la branche.

Le détail de la durée du travail dans les HCR, des seuils de déclenchement et des taux de majoration applicables est précisé par la convention et ses avenants. Comme ces taux peuvent évoluer, reportez-vous au texte à jour sur Légifrance et aux pages dédiées du ministère du Travail sur travail-emploi.gouv.fr, plutôt qu'à des chiffres mémorisés.

Heures supplémentaires : décompte et majoration

Une heure supplémentaire est une heure effectuée au-delà de la durée légale ou conventionnelle de référence, à la demande ou avec l'accord de l'employeur. Elle ouvre droit à une majoration de salaire (ou, selon les accords, à un repos compensateur équivalent). Le principe général des heures supplémentaires et de leur majoration est posé par le Code du travail, consultable sur Légifrance et expliqué sur service-public.fr.

En restauration, le décompte des heures supplémentaires suppose un suivi précis du temps de travail effectif de chaque salarié, semaine par semaine. C'est là que beaucoup d'établissements pèchent : sans relevé fiable des heures réellement effectuées, il devient impossible de calculer correctement les majorations, et tout litige se tranche au désavantage de l'employeur qui n'a pas pu prouver les horaires.

Contingent annuel d'heures supplémentaires

Le contingent annuel est le volume d'heures supplémentaires qu'un salarié peut effectuer sur l'année avant que ne s'ouvre une contrepartie obligatoire en repos. Au-delà du contingent, l'employeur doit accorder une contrepartie en repos en plus de la majoration. Le contingent applicable dans les HCR est fixé par la branche. Le cadre général figure dans le Code du travail et le détail propre au secteur dans la convention HCR. Là encore, le texte à jour sur Légifrance prime, car ces volumes ont fait l'objet d'avenants.

Point de vigilance : dépasser le contingent sans accorder la contrepartie en repos expose l'employeur. Un planning qui empile semaine après semaine des heures supplémentaires non suivies finit par franchir ce seuil sans que personne ne s'en aperçoive, jusqu'au jour d'un contrôle ou d'un départ conflictuel.

Le régime des coupures

La coupure est une interruption de travail dans la journée, typiquement entre le service du midi et celui du soir. Elle est consubstantielle au métier : un cuisinier ou un serveur travaille souvent en deux temps, avec un creux l'après-midi. Mais une coupure n'est pas du temps libre comme un autre, et la convention HCR encadre les journées dites coupées.

Les règles portent notamment sur le nombre de coupures par journée et sur les contreparties associées, en jours de repos supplémentaires ou en aménagements, selon les dispositions conventionnelles en vigueur. L'idée de fond est qu'une amplitude de journée étirée par une longue coupure, sans contrepartie, pénaliserait le salarié au-delà de ce qui est acceptable.

Pour le planning, deux points méritent attention. D'abord, l'amplitude de la journée (durée entre le début et la fin du travail, coupure comprise) doit rester compatible avec le repos quotidien minimal. Ensuite, le temps de coupure n'est en principe pas du temps de travail effectif, donc non rémunéré comme tel, mais il pèse sur l'organisation de la vie du salarié, ce que la convention prend en compte. Le détail exact des contreparties figure dans la convention HCR à jour sur Légifrance.

Repos quotidien et repos hebdomadaire

Repos quotidien

Le repos quotidien minimal est en principe de 11 heures consécutives entre deux journées de travail. Ce minimum relève du Code du travail. Le secteur HCR connaît des aménagements possibles pour certains personnels, avec des compensations encadrées, mais le principe d'un repos quotidien suffisant reste la règle. Le ministère du Travail détaille ces obligations sur travail-emploi.gouv.fr.

Conséquence concrète sur le planning : un salarié qui termine tard le soir ne peut pas reprendre trop tôt le lendemain matin. La séquence fermeture tardive puis ouverture matinale, fréquente quand on manque de bras, est l'une des principales sources de non-conformité. Elle doit être vérifiée systématiquement à la construction du planning.

Repos hebdomadaire et jours de repos

Le repos hebdomadaire est d'au moins 24 heures consécutives, auxquelles s'ajoutent les 11 heures de repos quotidien, soit 35 heures consécutives en principe. La convention HCR organise par ailleurs les jours de repos hebdomadaires des salariés du secteur, avec des modalités propres à la branche, y compris la possibilité, sous conditions, de reporter ou de compenser certains jours.

Le principe général du repos hebdomadaire et des dérogations sectorielles est expliqué sur service-public.fr et dans le Code du travail. Pour un planning, l'enjeu est de garantir à chaque salarié son ou ses jours de repos sur la semaine, sans les rogner pendant les périodes de forte activité sans contrepartie.

Jours fériés et travail du dimanche

Jours fériés

La gestion des jours fériés en restauration suit des règles propres à la branche. Le 1er mai a un statut particulier dans le Code du travail : chômé et payé, et s'il est travaillé, il ouvre droit à une majoration spécifique. Pour les autres jours fériés, la convention HCR précise les modalités applicables aux salariés du secteur, qui dépendent notamment de l'ancienneté et des dispositions conventionnelles en vigueur.

La restauration faisant partie des activités qui fonctionnent les jours fériés, l'employeur doit savoir précisément ce qu'il doit à un salarié travaillant un de ces jours. Le cadre général des jours fériés est exposé sur service-public.fr et le détail sectoriel dans la convention HCR.

Travail du dimanche

Le dimanche est un jour d'activité normal pour beaucoup de restaurants. Le secteur bénéficie d'une dérogation permanente au repos dominical, ce qui permet d'employer des salariés le dimanche. Les contreparties éventuelles relèvent des accords et de la convention. Pour le planning, retenir que le travail dominical est licite dans la restauration, mais que les repos hebdomadaires doivent malgré tout être assurés sur la semaine.

Les contrats de travail en restauration

CDI : le contrat de référence

Le contrat à durée indéterminée reste la forme normale et générale de la relation de travail. C'est le contrat à privilégier pour un poste pérenne. Un CDI à temps plein dans les HCR porte sur la durée conventionnelle (39 heures), sauf accord d'aménagement du temps de travail. Un contrat écrit, même si le CDI à temps plein n'impose pas toujours l'écrit, reste vivement recommandé pour fixer poste, rémunération, durée du travail et lieu.

CDD : motifs et formalisme

Le contrat à durée déterminée ne peut être conclu que pour un motif précis prévu par la loi (remplacement d'un salarié absent, accroissement temporaire d'activité, emploi saisonnier). Il doit être écrit, signé et remis dans les délais, comporter un motif et un terme. Un CDD irrégulier dans sa forme ou son motif risque la requalification en CDI. Les règles du CDD sont détaillées sur service-public.fr et dans le Code du travail.

L'extra et le contrat d'usage

L'extra est une figure très répandue en restauration. Il s'agit d'un contrat à durée déterminée dit d'usage, prévu pour des emplois par nature temporaires dans des secteurs où il est d'usage constant de ne pas recourir au CDI, ce qui est le cas de l'hôtellerie-restauration pour certains postes. L'extra permet d'embaucher pour un service, un événement, un surcroît ponctuel.

Cette souplesse a une contrepartie : l'extra doit correspondre à une mission réellement ponctuelle. Le recours systématique au même extra, service après service, sur de longues périodes, expose à une requalification en CDI, avec rappels de salaire et indemnités à la clé. C'est un point de contrôle classique. La convention HCR encadre le recours au contrat d'extra, et le cadre du contrat d'usage figure dans le Code du travail sur Légifrance.

Saisonnier

Le contrat saisonnier est un CDD lié à des tâches normalement appelées à se répéter chaque année à des dates approximatives, en fonction du rythme des saisons. Très courant dans les zones touristiques et balnéaires, il a ses propres règles, notamment en matière de reconduction et de durée. Le détail figure dans la convention HCR et le cadre général sur service-public.fr.

Temps partiel

Le contrat à temps partiel doit obligatoirement être écrit et mentionner la durée du travail, sa répartition entre les jours de la semaine, et les conditions de modification de cette répartition. Une durée minimale de travail s'applique en principe, avec des exceptions. Les heures effectuées au-delà de la durée prévue sont des heures complémentaires, encadrées et majorées. Un temps partiel mal rédigé, sans répartition claire des horaires, peut être requalifié en temps plein. C'est l'une des erreurs les plus coûteuses du secteur.

Période d'essai

La période d'essai permet à l'employeur d'évaluer le salarié et au salarié d'apprécier le poste. Sa durée maximale dépend du type de contrat et de la catégorie professionnelle, dans les limites posées par le Code du travail et précisées par la convention HCR. Elle doit être expressément prévue dans le contrat écrit. Une période d'essai non écrite ou dépassant la durée maximale n'est pas opposable au salarié.

DPAE, registre du personnel et formalités d'embauche

La déclaration préalable à l'embauche

Avant toute embauche, l'employeur doit effectuer une déclaration préalable à l'embauche (DPAE) auprès de l'URSSAF. Elle doit être réalisée dans les jours précédant l'embauche, au plus tôt huit jours avant, et obligatoirement avant la prise de poste effective. La DPAE regroupe plusieurs formalités (immatriculation, affiliation, déclaration). La procédure et les délais sont détaillés sur urssaf.fr.

L'absence de DPAE est lourdement sanctionnée et constitue un indice de travail dissimulé. Embaucher un extra le jour même sans DPAE faite avant la prise de poste est une faute fréquente et risquée. Le réflexe doit être : pas de prise de poste sans DPAE préalable, même pour un service unique.

Le registre unique du personnel

Tout établissement employant des salariés doit tenir un registre unique du personnel, qui mentionne dans l'ordre des embauches l'identité de chaque salarié, sa qualification, les dates d'entrée et de sortie, et le type de contrat. Il doit être tenu à disposition de l'inspection du travail. Les obligations sont décrites sur service-public.fr. Un registre absent ou incomplet est un manquement relevé sans difficulté lors d'un contrôle.

Affichage et décompte du temps de travail

Affichage des horaires

L'employeur doit afficher les horaires de travail collectifs lorsque ceux-ci sont communs à tout ou partie du personnel. Quand les horaires sont individualisés, ce qui est fréquent en restauration avec des plannings tournants, l'affichage collectif est remplacé par un suivi individuel fiable. D'autres affichages obligatoires concernent l'entreprise (égalité professionnelle, harcèlement, coordonnées de l'inspection du travail, convention collective applicable). Le détail des affichages obligatoires en entreprise figure sur service-public.fr.

Décompte du temps de travail

Lorsque les salariés ne travaillent pas selon le même horaire collectif, l'employeur doit décompter la durée du travail de chacun, quotidiennement et hebdomadairement, par un système fiable et infalsifiable. Ce décompte est la pièce maîtresse en cas de litige sur les heures supplémentaires : c'est à l'employeur de pouvoir produire les horaires réellement effectués. Une pointeuse, un logiciel de planning avec relevé d'heures, ou à défaut un registre signé, remplissent cet office. Le tableur approximatif rempli a posteriori ne tient pas devant un conseil de prud'hommes.

C'est sans doute le point qui sépare le plus nettement les établissements bien gérés des autres. Un planning prévisionnel ne suffit pas : il faut tracer le temps réellement travaillé. Ce sujet rejoint nos réflexions sur les indicateurs de pilotage et le tableau de bord, car la masse salariale se pilote d'abord avec des heures fiables.

Mutuelle, prévoyance et indemnités

Mutuelle et prévoyance

Tout employeur doit proposer une complémentaire santé collective (mutuelle d'entreprise) à ses salariés, avec une participation patronale. Le secteur HCR dispose en outre d'un régime de prévoyance de branche (incapacité, invalidité, décès) prévu par la convention et ses avenants. Ces régimes sont obligatoires et leurs modalités, taux et garanties évoluent par avenant. Le texte applicable se vérifie sur Légifrance et le cadre général de la complémentaire santé sur service-public.fr.

Indemnités nourriture (avantage en nature repas)

La fourniture des repas est une particularité forte de la restauration. Le salarié présent au moment des repas a droit à la nourriture ou, à défaut, à une indemnité compensatrice. Cet avantage en nature nourriture est évalué selon un montant de référence fixé chaque année, qui sert de base au calcul des cotisations sociales. Le montant à jour de l'avantage en nature repas dans les HCR, distinct du barème général, est publié et actualisé par l'URSSAF sur urssaf.fr. Ne jamais figer ce montant : il est revalorisé.

Point de vigilance : l'avantage en nature repas doit figurer sur le bulletin de paie et entre dans l'assiette des cotisations. L'oublier ou le mal évaluer est une source classique de redressement URSSAF dans le secteur.

Erreurs fréquentes sur les plannings et le social

Les mêmes manquements reviennent établissement après établissement. Les connaître permet de les éviter.

Raisonner en 35 heures au lieu de 39 pour un temps plein, et donc calculer faux les heures supplémentaires. La durée conventionnelle HCR est la base de tout planning à temps complet.

Ne pas tracer les heures réellement effectuées. Sans décompte fiable, l'employeur ne peut rien prouver et perd les litiges sur les heures supplémentaires.

Enchaîner fermeture tardive et ouverture matinale en violant le repos quotidien de 11 heures. La fatigue n'est pas qu'un problème humain, c'est aussi une non-conformité.

Utiliser l'extra en continu pour pourvoir un poste permanent, au risque de la requalification en CDI avec rappels.

Rédiger des contrats à temps partiel sans répartition claire des horaires, ce qui ouvre la porte à une requalification en temps plein.

Oublier la DPAE avant la prise de poste, en particulier pour les extras embauchés au pied levé.

Omettre l'avantage en nature nourriture sur les bulletins, avec un risque de redressement URSSAF.

Négliger l'affichage de la convention collective applicable et des informations obligatoires.

Ces erreurs ont un coût direct (rappels de salaire, cotisations, sanctions) et un coût indirect : un climat social dégradé alimente le départ des bons éléments. C'est exactement le mécanisme que nous décrivons dans notre dossier sur la manière de réduire le turnover en restauration. Un cadre social propre n'est pas qu'une obligation, c'est un facteur de fidélisation.

Le regard de l'auditeur sur le volet social

Le social fait partie des dimensions que nous examinons dans le cadre de notre audit 360°, qui balaie l'ensemble des sujets d'un restaurant, de l'hygiène à la gestion en passant par la conformité réglementaire et les ressources humaines. Le volet social s'inscrit parmi les 10 piliers que nous passons en revue.

Notre approche sur ce point est documentaire et concrète. Nous vérifions la cohérence entre les contrats en place et la réalité des postes, l'existence et la fiabilité du décompte du temps de travail, la présence du registre du personnel, la régularité des DPAE, le respect des repos minimaux dans les plannings, et la bonne prise en compte de l'avantage nourriture. Chaque écart est noté, expliqué et accompagné d'une recommandation actionnable, avec un niveau de priorité. Pour découvrir le détail de notre démarche, voir notre méthode.

Nous tenons à être clairs sur notre cadre. auditresto360 est un service de conseil privé indépendant. Notre audit n'est ni une certification officielle, ni un agrément d'État, ni un contrôle de l'inspection du travail ou de l'URSSAF. Il vise à vous aider à identifier vos points faibles et à vous mettre en conformité, en toute transparence. Nous préparons et orientons, nous ne délivrons pas de garantie de résultat face à un contrôle officiel, et cet article informe sans se substituer à un conseil juridique personnalisé. Pour une situation individuelle, rapprochez-vous d'un avocat en droit social ou de l'inspection du travail.

Foire aux questions

Quelle est la durée légale du travail dans un restaurant ?

Le temps plein dans les hôtels, cafés et restaurants est fixé à 39 heures par semaine par la convention collective HCR, et non 35 heures comme dans le régime général. Les heures effectuées au-delà sont traitées selon le régime conventionnel de la branche, puis comme heures supplémentaires au-delà des seuils prévus. Le texte à jour est sur Légifrance.

Quelle convention collective s'applique à mon restaurant ?

La plupart des restaurants traditionnels relèvent de la convention collective nationale des hôtels, cafés, restaurants (HCR), identifiant IDCC 1979, brochure 3292. La restauration rapide relève d'une convention distincte. Vérifiez le champ d'application exact sur Légifrance selon votre activité principale et votre code APE.

Un extra peut-il travailler tous les week-ends dans le même restaurant ?

C'est risqué. L'extra est un contrat à durée déterminée d'usage réservé à des missions par nature ponctuelles. Si le même extra revient service après service sur une longue période pour pourvoir un besoin permanent, le contrat peut être requalifié en CDI par le conseil de prud'hommes, avec rappels de salaire et indemnités. Pour un besoin récurrent, un CDI ou un temps partiel est plus adapté.

Faut-il une DPAE pour un extra embauché le jour même ?

Oui. La déclaration préalable à l'embauche est obligatoire pour tout salarié, y compris un extra pour un service unique, et doit être faite avant la prise de poste effective, au plus tôt huit jours avant. Embaucher sans DPAE préalable expose à des sanctions et constitue un indice de travail dissimulé. La procédure est sur urssaf.fr.

Quel repos minimum entre deux services pour un salarié ?

Le repos quotidien est en principe de 11 heures consécutives entre la fin d'une journée et le début de la suivante, avec des aménagements possibles dans le secteur HCR sous conditions et compensations. C'est pour cette raison qu'on ne peut pas enchaîner une fermeture tardive et une ouverture matinale sans respecter cet intervalle. Le détail figure sur travail-emploi.gouv.fr et dans la convention.

L'avantage en nature nourriture est-il obligatoire en restauration ?

Le salarié présent aux heures de repas a droit à la nourriture ou, à défaut, à une indemnité compensatrice. Cet avantage en nature repas est évalué selon un montant de référence propre aux HCR, fixé et actualisé chaque année par l'URSSAF, et il entre dans l'assiette des cotisations. Il doit apparaître sur le bulletin de paie. Le montant à jour est sur urssaf.fr.

Suis-je obligé d'afficher les plannings de mon personnel ?

Quand les horaires sont collectifs, ils doivent être affichés. Quand ils sont individualisés, ce qui est fréquent en restauration, l'affichage collectif est remplacé par un décompte individuel fiable du temps de travail de chaque salarié. Dans tous les cas, l'employeur doit pouvoir justifier les heures réellement effectuées, faute de quoi tout litige sur les heures supplémentaires se tranche en sa défaveur.

Le travail le dimanche est-il autorisé dans un restaurant ?

Oui. La restauration bénéficie d'une dérogation permanente au repos dominical, ce qui permet d'employer des salariés le dimanche. Les éventuelles contreparties relèvent des accords applicables et de la convention. Le repos hebdomadaire doit néanmoins être assuré sur la semaine.


Le social est l'un des sujets les plus techniques de la gestion d'un restaurant, et l'un des plus sources de coûts cachés quand il est mal maîtrisé. Si vous voulez un état des lieux de votre conformité sociale, contrats, plannings, décompte des heures, registre, DPAE et avantages en nature, intégré à une revue complète de votre établissement, notre audit 360° couvre ces points avec des recommandations concrètes et hiérarchisées. Cet article informe et ne remplace pas un conseil juridique : pour une question précise, consultez un professionnel du droit social.

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